Point marché Covid-19 - Jeudi 30 avril

En résumé

  • Le recul de la croissance au premier trimestre s’avère moins alarmant que prévu. Toutefois, la problématique de la disparité des réponses de politique économique à la pandémie et l’absence de mutualisation demeure lancinante.
  • L’année 2020 sera difficile du point de vue de la croissance et de la profitabilité des entreprises mais malgré un effondrement à court terme, nous pensons retrouver le niveau de PIB de fin 2019 en fin 2021.
  • Les résultats trimestriels des sociétés américaines sont moins décevants qu’attendu. Malgré le manque de visibilité sur le prochain trimestre, nos perspectives à moyen et long terme sur les sociétés de qualité positionnées sur des thématiques pérennes demeurent positives.
  • Le marché obligataire retrouve des couleurs au mois d’avril et affiche des performances positives dans la grande majorité des classes d’actifs. Le sentiment des investisseurs redevient positif et est consolidé par les actions des banques centrales et l’implémentation des mesures prises par les gouvernements.

 

Point macroéconomique, avec Gilles Moëc, Chef économiste du Groupe AXA et Directeur de la recherche d'AXA IM

 

  • La croissance se contracte à court terme en Europe et aux Etats-Unis alors que l’ampleur de l’impact de la pandémie sur la croissance est dépendante de la sévérité du confinement face auquel tous les pays ne sont pas égaux. Nous observons une forte disparité à l’image des pays du nord de l’Europe dont les capacités de réponse au choc sont plus élevées.
  • Au deuxième trimestre, la disparité devrait persister voire s’intensifier dans le sillon des politiques économiques qui ne sont pas encore mutualisées. Si une mutualisation de l’effort budgétaire ne voyait pas le jour, les efforts considérables de la BCE vont devoir se poursuivre, à l’image notamment de la dette italienne et des besoins de financement du pays. Une fois que la BCE aura terminé son programme d’achat, la question est de savoir quelles seront les conditions de solvabilité de l’Italie. Nous saurons très prochainement si elle décidera d’intégrer les fallen angels à son programme d’achat.
     

L'impact sur les stratégies multi-actifs, avec Serge Pizem, Responsable monde de la gestion Multi-Asset

 

  • Face à l’effondrement de la croissance et à la dette des Etats, la question est de savoir qui paiera. A ce stade, la réouverture progressive des économies fait craindre une seconde vague de confinement ; le risque nous semble faible, mais il ne faut pas l’oublier.
  • La volatilité a rebaissé, elle est passée à 35 %, cela va permettre aux fonds systématiques de reprendre du risque de manière graduelle et soutenir le marché. Les flux ont été colossaux vers les fonds monétaires, bien au-delà du pic atteint en 2008-2009. Une fois que la situation se sera décantée, les flux reviendront vers les actifs plus risqués. Toutefois, les flux restent négatifs sur les actions émergentes et la dette émergente. Dans cet environnement, nous sommes revenus vers le crédit Investment Grade car les rendements offerts nous paraissent toujours attractifs alors que la classe d’actifs est soutenue par les banques centrales.
  • Dans une perspective de fin d’année, notre vue sur les actions est passée neutre. Nous connaîtrons sans doute un trou d’air en 2020 et pensons retrouver le niveau de PIB de fin 2019 en fin 2021.
     

L'impact sur les marchés actions, avec Stéphane Lago, Spécialiste des investissements actions au sein d'AXA IM Framlington Equities

 

  • Malgré des attentes très négatives, les publications de résultats des sociétés que nous détenons en portefeuille ont été correctes voir positives pour certaines, grâce notamment aux bons chiffres des mois de janvier et février. Toutefois, nous distinguons deux types de profils ; les gagnants et les perdants. Nous avons réduit notre exposition au secteur du tourisme car l’horizon d’un retour à la normale nous parait lointain. Le secteur de la chirurgie robotique pâtit également sur ce trimestre des reports des opérations.»  Parmi les gagnants, Dexcom offre aux patients diabétiques la possibilité de contrôler leur niveau de glucose depuis leur smartphone et a vu son nombre de clients augmenter. Dans le domaine du cloud, les entreprises (dont Microsoft) qui apportent des solutions au télétravail et aux divertissements en ligne depuis le domicile ont affiché de très bons résultats.
  • La forte croissance due à l’adoption de la technologie devrait continuer et les changements que nous observons aujourd’hui pourraient perdurer dans le temps aussi bien dans le domaine du télétravail que du divertissement.

     

 L’impact sur les marchés obligataires, avec    Marion Le Morhedec, Responsable Active Fixed   Income Europe et Asie

 

  • Le bilan du mois d’avril est nettement plus encourageant que celui du mois de mars. Les taux sont restés stables et solides, ce qui nous montre que les marchés ont intégré le soutien des banques centrales. Sur le marché du crédit, les spreads se sont resserrés malgré les dégradations de notation. Sur le marché des obligations indexées à l’inflation, les points morts d’inflation ont rebondi aux Etats-Unis et sont stables en Europe ; les pressions inflationnistes sont faibles. En revanche, les marchés émergents n’ont pas rebondi et continuent d’afficher des niveaux de spread toujours très élevés. Ainsi, quasiment toutes les classes d’actifs obligataires affichent une performance positive. Notons également que le coût de la couverture euro/dollar a considérablement diminué, passant de 3 % à la fin de l’année 2018 à 80 points de base aujourd’hui. Les conditions de liquidité ne sont pas normalisées et d’importantes disparités persistent entre les classes d’actifs.
  • Le marché primaire est très actif depuis fin mars, avec une liquidité abondante et de nombreuses souscriptions déclenchées notamment par des primes attractives. Les émetteurs sont généralement bien notés et interviennent dans des secteurs moins touchés par la crise. Certains acteurs supranationaux ont émis des obligations sociales qui visent à lutter contre les effets de la pandémie. La liquidité demeure toutefois plus difficile sur le marché secondaire.
  • Nous avons neutralisé les stratégies mises en place en février sur la dette italienne ainsi que notre position longue en duration mais conservons une surpondération sur la dette espagnole. Nous restons positifs sur les obligations indexées à l’inflation en Europe et aux Etats-Unis ainsi que sur le crédit Investment Grade américain. A l’écart du rebond, nous sommes prudents sur les marchés émergents.
  • Les actions des banques centrales et des gouvernements continuent de soutenir les marchés obligataires et les mesures qui se mettent en place consolident le sentiment plus positif des investisseurs.

 

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